Etre

Dédicace à tous ceux qui ont radicalement changé de vie, sont en cours ou sur le point de …

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Vous est-il déjà arrivé de faire part d’un projet qui vous tenait particulièrement à cœur à un ami, un proche, un collègue, et que sa réaction a été de vous dire que c’est du grand n’importe quoi !?

Si votre réponse est oui, alors il est possible que vous vous reconnaissiez dans les lignes qui vont suivre.

Et si cela vous est déjà arrivé, comment avez-vous géré cette situation ?

Il n’y a pas si longtemps, une poignée de mois plus exactement, j’ai choisi de faire un grand pas, un beau pas pour moi. Ironie du sort, je m’appelle Bopha (qui se prononce Bopa).

Celui de quitter ce que je connais le mieux pour aller m’installer au Cambodge avec tout ce que ça implique d’incertitudes, de challenges, de risques, et d’inconnu. Je n’y connais personne et ne parle pas le Khmer. J’ai eu l’occasion d’y retourner pendant dix petits jours (j’y serais bien restée plus longtemps) il y a deux ans. Je dis « retourner » parce que j’y suis née.

Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai été adoptée et ai quitté le Cambodge alors que je devais avoir un an et demi. Je n’en n’ai gardé aucun souvenir.

Il se trouve que le jour où certains de mes proches, amis, anciens collègues ont appris que j’avais fait le choix d’aller m’y installer (50 ans plus tard), l’enthousiasme escompté n’était pas au rendez-vous, c’est le moins qu’on puisse dire. Selon chacun d’eux, j’ai eu droit à une réaction différente.

Qu’est-ce que j’allais faire là-bas, pour y trouver quoi, vivre de quoi, que cherchais-je à fuir, faisais-je partie d’une secte quelconque qui m’avait retourné le cerveau, serait-ce l’humanitaire qui m’interpellait, ou le fait de prier / méditer dans un temple comme un moine bouddhiste, étais-je devenue bouddhiste, et mes racines, quelle idée farfelue que celle-là, avais-je perdu la tête ?

Une seule chose m’est venue à l’esprit. Ces proches, ces amis, ces anciens collègues devaient avoir peur, mais peur de quoi ? Peur pour moi ou d’autre chose.

Sur le moment, ce qui m’est venu à l’esprit par rapport à toutes ces réactions, a été d’entendre leurs inquiétudes. Oui, je comprends qu’ils puissent me poser des questions sur ce qui motive cette décision, qu’ils aient besoin d’être rassurés sur ce changement de vie radicale auquel je n’avais pas été habituée.

Avant de prendre cette décision, j’avais envisagé plusieurs projets qui ne se sont pas concrétisés pour « x » raisons. Je ne suis pas là pour les énumérer. A chaque échec, je me suis relevée et j’ai continué à croire en moi, je continue et continuerai.

Les enfants ne comptent pas le nombre de fois où ils tombent et se relèvent avant de pouvoir tenir debout.

Je suis une femme d’un demi siècle, certes, et je ne suis plus une enfant, néanmoins j’ai bien envie de garder cette âme d’enfant si c’est pour me casser la figure et repartir en changeant de façon de faire jusqu’à ce que j’y arrive.

Le seuil de tolérance est différent selon chacun de nous. Échouer « x » fois peut refroidir, décourager, l’important est bel et bien de se relever et de tirer les leçons de chaque expérience pour éviter de faire les mêmes erreurs.

Je n’ai pas forcément envie de continuer à tomber encore et encore avant de trouver quoi faire. Là n’est pas la question. J’ai déjà trouvé le sens que j’avais envie de donner à ma vie. Celui d’apporter un meilleur être à ceux qui acceptent de « sortir de leur zone de confort », ceux qui acceptent tout comme je l’ai fait, de se remettre en question,  de repartir de « zéro » en quelque sorte (même si on ne repart jamais de « zéro »). Toutes nos expériences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, nous font grandir si nous faisons le choix d’en tirer les « bons » enseignements.

Certains de nos rêves sont accessibles. Pas tous.

J’ai donc trouvé le quoi.

J’ai trouvé le .

Le quand arrivera à son heure. Il est imminent.  C’est l’affaire de quelques mois.

Pour ceux qui ne le savent pas (je le sais depuis peu), Thomas Edison a fini par produire un éclairage durable  après maints et maints essais. Plus de 1000. Quelle belle leçon de persévérance. Après qu’il ait essuyé échec après échec: « si vous voulez produire de l’électricité, voici ce qu’il ne faut pas faire, méthode 1, 2, 3, 4, inlassablement jusqu’à 1000.

Je n’ai pas la prétention d’être T. E., je suis juste réaliste, tout n’arrive pas en un claquement de doigt.

Mon pourquoi me semble assez simple. Je devrais plutôt dire mes pourquoi. En effet, j’en vois trois :

Le premier, j’ai entendu beaucoup de gens autour de moi (et j’en entends encore)  qui se disent : « vivement la retraite ! ».

Période pendant laquelle ils vont enfin pouvoir réaliser ceci ou cela, et  encore…, pour les plus chanceux, ceux qui auront les moyens financiers de réaliser leurs rêves. Pas donné à tout le monde.

Je connais des personnes qui perdent tout, ou presque, le jour où ils sont à la retraite : leur moral,  joie de vivre, leur raison d’être, leur statut social, leurs repères et la liste peut être aussi longue selon chacun de nous. Tant et si bien que leur moral allant de paire avec leur santé, il n’est plus question d’aller concrétiser un rêve caressé 20-30 ans plus tôt.

Il existe aussi des retraités heureux, en bonne santé, en couple et avec suffisamment de moyens financiers pour aller où bon leur semble. Pas forcément évident pour que ces quatre conditions soient réunies.

Il existe aussi des rêves qui ne demandent pas de fortunes astronomiques.

Personnellement, retraite ou pas, c’est maintenant que je choisis de vivre mon rêve d’enfant. Pas dans 20 et encore moins dans 30 ans.

Quand j’étais plus jeune, j’ai souvent rêvé d’aller vivre au Cambodge. Pourquoi attendre ? Attendre quoi ? Le déluge ? Que les conditions soient réunies pour y aller ? Et bien non. Conditions idéales ou pas, hôp hôp hôp !! Et voilà mon premier pourquoi.

J’ai une forme olympique, et c’est maintenant ou jamais.

Demain, je pourrais me fais renverser par un fou furieux du volant qui aura abusé de stupéfiants ou d’alcool sans crier gare, ou subir tout autre accident de la vie outrageusement injuste que je laisse au soin de votre imagination…

… la vie est trop courte. Tout nous le rappelle chaque jour.

Le deuxième, j’ai toujours entendu dire que les voyages formaient la jeunesse. J’ai envie de me défaire de cette croyance limitante et préfère me dire qu’elle forme tout le monde quel que soit l’âge. Voilà pour mon deuxième pourquoi.

Le troisième, pour ralentir les effets de la vieillesse, garder un esprit sain et un corps en bonne santé le plus longtemps possible, j’ai aussi entendu dire que défaire ses petites (voire grandes habitudes) étaient souverains. Ceci pour jouer des tours à nos neurones. Le domaine des neurosciences me passionne. Or, quoi de plus déstabilisant que d’arriver dans un pays dont on ne connait rien ou presque et de quitter ses anciennes habitudes, pour s’en créer de nouvelles ? Et ceci est mon troisième pourquoi.

Ma question reste le comment et dans quelles conditions, et j’y travaille.

Dans mon cas, un premier projet ne s’étant pas concrétisé comme je l’aurais souhaité, puis un deuxième prenant en compte les leçons du premier, puis un troisième prenant en compte les leçons des deux premiers (connaissez vous des projets qui se concrétisent du premier coup ?), j’ai lancé le quatrième. J’ai de la marge avant d’atteindre mes 996 projets à venir …

Maintenant, pour revenir à la deuxième question du début de l’article, comment gérer ce genre de situation ?

Si vous vous trouvez à un moment clé de votre vie, de changement radical pour vous lancer dans l’inconnu (ou pas d’ailleurs) que ce soit pour :

  • Une nouvelle vie dans le domaine personnel (affectif ou amoureux),
  • Un nouveau domaine professionnel (passé de salarié à infopreneur, conférencier, auteur, compositeur, formateur, blogueur, coach) pour ne citer que ceux qui me viennent à l’esprit,
  • Un nouveau lieu de vie, un nouveau pays, un nouveau mode de vie,
  • Une nouvelle façon de percevoir les choses (nouvelles valeurs : éducation, religion, spiritualité),

Et que certains de vos proches, amis, amis de vos enfants, anciens collègues vous donnent toutes les raisons inimaginables pour vous décourager ou/et vous disent que ce n’est pas pour vous,

A vous de les rassurer. Dites-leur que vous avez bien entendu ce qu’ils avaient à vous dire.

Vous n’êtes juste pas eux et ils ne sont juste pas vous.

Avez-vous entendu parler de l’effet miroir? Je vous invite à aller lire ou relire mon article précédent (Miroir miroir …)

Certaines personnes projettent parfois leurs peurs sur autrui et vous les communique. C’est un cas de figure comme un autre, beaucoup plus fréquent qu’on ne le croit.

Soit vous les acceptez, soit non. Tout dépend de votre propre posture.

A vous de les rassurer autant que possible donc. Ces peurs dont ils vous parlent sont sans doute plus chez elles que chez vous. S’ils vous voient serein et confiant, peut-être que vous désamorcerez leurs craintes.

Et si vous en avez (c’est possible aussi), vous pouvez leur dire que vous vous sentez suffisamment fort pour vous en arranger, sinon, vous aviserez et vous adapterez en fonction. Rien ne sert de s’affoler d’une situation qui n’existe pas encore. Vous êtes prêt à prendre le risque et relever le défi. Dans tous les cas, si vous ne réalisez pas ce/ces rêves, vous aurez des regrets de ne pas l’avoir fait. Rien de pire que d’avoir des regrets, non ?

Peut-être ressentent-ils aussi de l’envie ? Ils aimeraient bien avoir le même courage que vous (ou « l’inconscience »). Certains à 50 ans sont déjà tellement mal en point, qu’il n’est pas envisageable pour eux d’aller où que ce soit … D’autres ont pu faire la même chose que vous sauf qu’ils avaient 20 voire 30 ans de moins.

Dites-leur qu’ils seront les bienvenus quand vous serez installé, et qu’ils pourront partager un bout de votre rêve avec vous.

Vous pouvez aussi leur expliquer que même si vous n’arrivez pas jusqu’au bout de vos rêves, ce qui compte aussi pour vous c’est le chemin parcouru. Expliquez-leur que vous vous sentez déjà fier d’avoir réussi à renoncer à une part de votre confort, et de certains aspects matériels devant lesquels tant d’autres ont baissé les bras.

Oui vous voulez partir au bout du monde avec lui ou avec elle, ou oui vous l’aimez, oui vous voulez partir seul, oui c’est le bout du monde,  oui vous vous verrez plus rarement (néanmoins, il est possible que la distance vous rapproche … avec la technologie d’aujourd’hui maintenant, on n’est jamais loin), oui c’est un risque. Et après ? C’est votre problème.

S’ils vous aiment ou vous apprécient autant qu’ils le disent, ils pourraient être heureux pour vous. L’inconditionnalité d’une relation, ça existe.

Vous pouvez aussi leur dire que si vous êtes aussi fort et que vous n’avez peur de rien, c’est grâce à eux en partie. Vous ne craignez pas de perdre leur amour ou leur amitié.

La vraie question à leur poser est de quoi ont-ils peur si ce n’est la peur de vous perdre de vue, ou vous perdre tout court…

Finalement, que mettent-t-ils dans cette peur ? La leur ? Celle d’être souffrant et de ne pas pouvoir compter sur vous, peur de perdre votre amitié ou votre amour ? Sur quoi avez-vous bâti votre relation. La confiance ? La liberté ? L’indépendance ?

C’est un autre débat.

Pour ceux qui préfèrent les vidéos, vous pouvez vous rendre ici.

Bopha Moon’Monea
Pour une vie pleine de sens et d’harmonie
Avec Joie et Bienveillance

A propos de Bopha

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    1 Comment

    1. Gonçalves Michèle

      24 septembre 2016 at 18 h 48 min

      Merci pour ce beau partage qui emmène à ce poser des questions quant à nos choix, le regard des autres, la peur des autres qui rejoint parfois la nôtre en sourdine… Continue de suivre ton coeur car lui sait;) Consciemment tienne.
      Michèle

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