Etre

Je suis jalouse de ma sœur. Qu’y puis-je ?

By

on

Pas plus tard qu’hier, j’ai reçu une adolescente dont les « crises » récurrentes à la maison n’étaient supportables pour personne. Elle vit avec son autre sœur, son ainée de deux ans, et ses parents.

Que vous soyez le frère, la sœur ainée (ou pas), demi-frère ou demi-sœur, que vous veniez d’apprendre que cet(te) inconnu (e) est votre demi-frère ou demi-sœur, qu’un de vos parents ne soit pas le vrai, que vous ayez été le dernier à savoir que vous n’étiez pas le « vrai » fils/fille alors que tous les autres membres de la famille le savaient … autant de scénarios où vous ne vous sentez pas/plus à votre juste place …

Vous est-il déjà arrivé de ressentir comme de la jalousie vis à vis de votre fratrie « officielle » (ou non)  et/ou comme du rejet vis à vis d’un de vos parents ? Si votre réponse est oui, comment avez-vous pu dépasser ce stade ?

Si vous choisissez de lire cet article, vous y trouverez 3 pistes.

Selon « Bichounette », quoi qu’elle fasse, tout est prétexte à reproches de la part de son père. Cette adolescente a accepté d’aller voir quelqu’un suite aux demandes insistantes de sa maman avec qui elle n’arrivait pas à communiquer (pas plus qu’avec son père d’ailleurs). Elle a  décidé de venir me voir, sur les conseils d’une de ses amies qui me connait. Elle préférait choisir une personne dont son amie lui avait parlé et recommandé plutôt qu’une personne imposée par sa maman.

Bichounette ressentait une jalousie qui se transformait en disputes quasi systématiques envers sa sœur sans trop réussir à savoir pourquoi.

Ce que j’ai oublié de vous dire c’est que sa maman n’avait proposé qu’à Bichounette de se faire aider et non à sa sœur ainée …

Cette jalousie ressentie vis-à-vis de sa sœur, qui ne « prenait » jamais rien selon elle, c’était en tout cas sa perception, lui faisait perdre le contrôle de ses actes et paroles pour un oui ou pour un non, quasi systématiquement. Après coup, elle ressentait des regrets mais sur le coup, rien ne pouvait l’arrêter.

Elle avait décidé de chercher à savoir pourquoi, il devait bien y avoir une raison. Et c’est pour ça qu’elle avait accédé à la demande de sa maman qui ne savait plus quoi faire ni proposer. Qu’en ferait-elle après, si elle réussissait à trouver la raison s’il y en avait vraiment une ?

Avant toute chose, il ne fallait pas qu’elle attende de moi que je porte de jugements de valeur sur les façons de penser, agir, ou être des autres membres de sa famille.

Son père devait avoir ses raisons pour lui faire des reproches et sa mère les siennes pour se taire. Et je n’étais là ni pour parler de son père ni de sa mère, et encore moins de sa sœur, mais bel et bien d’elle et de ses émotions.

Bichounette m’a autorisé le tutoiement.

Je lui ai dit : «tu sais ta jalousie est un mélange de manque de reconnaissance des autres à ton égard combiné à un vide que tu ressens, marque d’un manque d’estime de toi que tu cherches à faire combler par tes parents, ta sœur ou d’autres. L’estime de soi, ça ne s’improvise pas. Quand on l’a perdue, ça peut se regagner en le travaillant. On en reparlera si tu le souhaites. »

Mon travail d’accompagnement consistait bien à l’aider à mieux s’accepter comme telle, indépendamment des autres, à s’adopter, et réussir à se détacher du regard des autres. Et pour réussir à se détacher du regard des autres, j’allais faire appel à son imagination dans un premier temps.

Je suis partie de sa jalousie déclarée et perçue comme telle envers sa sœur, puisque selon ses ressentis, la préférence était flagrante quoi qu’en disait son père.

Comment se manifestait cette jalousie perçue comme une injustice pour elle ?

« C’est flagrant, ça saute aux yeux ? Elle peut tout faire et moi rien. Quand elle ne fait pas ce que mon père lui demande, ça passe inaperçu, alors que moi non. Et quand elle fait quelque chose, elle a 3 tonnes de compliments et moi rien. Quoi que je fasse ou dise, j’ai tout faux. Et maman ne dit rien ».

Je suis partie de son constat. Quoi que tu fasses ou dises, ton papa te critique et ta maman ne réagit pas, c’est bien ça ? Oui. Alors,

1 – Je te demande d’essayer d’intégrer le fait qu’il y aura toujours des gens pour critiquer ce que tu as fait, ou fera, l’essentiel est ce que toi tu penses de ce que tu as fait.

Si tu as fait de ton mieux, alors, essaye de considérer que le jugement de ton père, de ta mère ou des autres, n’est qu’un jugement. Il n’est pas LA vérité, et tu n’es pas obligée de t’identifier à LEUR vérité. Tu as la tienne.
=> Ne laisse pas les autres te dévaloriser si tu as mis tout ton cœur à faire ce qu’on t’a demandé de faire.

Fais appel à ton imagination pour faire comme s’ils te faisaient des compliments. Dédramatise après coup en quelque sorte.

Surtout si comme tu le dis, tu aurais plutôt tendance à vouloir faire mieux que ta sœur en redoublant d’efforts et cela pour recevoir de la simple reconnaissance, que tu n’as pas au final.

Faire des choses pour se valoriser aux yeux de quiconque en oubliant son propre plaisir est préjudiciable à son estime de soi.

Je n’ai jamais dit que ce serait facile, c’est en quelque sorte une gymnastique de l’esprit que je te demande. Tu pourras toujours changer ta perception de ce que les autres te font subir ou disent de toi. Plus difficile de changer leur perception à ton égard.

Si tu crois que quoi que tu fasses, ce sera toujours mal ou pas assez bien fait, sans t’attendre à recevoir des compliments, tu peux encore faire appel à ton imagination pour réussir à te fabriquer un bouclier « virtuel » qui ne t’atteindra pas, ne te fera pas douter de toi, si tu vois ce que je veux dire. Du genre, « même pas mal ! ».

Il est possible aussi que tu désamorces les reproches de ton père en lui disant quelque chose comme : « j’ai fait de mon mieux, et même si j’ai l’impression que tu n’es pas satisfait, moi, je le suis. Je ne te cache pas que je ressens comme de l’injustice par rapport à « Y » qui en fait deux fois moins que moi et à qui tu ne trouves jamais rien à redire. Et maman non plus d’ailleurs. »

Essaye et tu me raconteras la prochaine fois si tu ressens le besoin de revenir.

2 – Maintenant, si tu es intimement persuadée qu’il y a une raison consciente ou non, je te propose de partir du postulat que tu as raison. C’est possible, en effet, qu’il y ait une raison quelconque qui fasse que ta sœur ainée soit cette « intouchable » dont tu me fais part.

Accepte cet état de fait.

Et quelle qu’en soit la raison, si tu es d’accord, nous allons essayer comme au début, de faire en sorte que tu gagnes en estime de toi en faisant appel à ton imagination.

Imagine-toi que ton père ou ta mère n’aient pas voulu de toi.

Tu sais, ça arrive tous les jours que des enfants n’aient pas été désirés ou qu’ils aient été un accident. Ce n’est bien sûr pas facile à accepter mais imagine que ce soit le cas, acceptes-tu de faire comme si ?

Que ce soit vrai ou pas, là n’est pas la question. C’est une supposition. Et quelle que soit la raison, ce n’est pas sur cette raison que je voudrais que tu portes ton attention. Tu n’y pourrais rien de toute façon.

Je ne connais pas beaucoup de parents qui osent dire à leur enfant qu’il n’a pas été désiré, ou qu’il est arrivé à un mauvais moment, ou que c’était un accident …

Les circonstances, on ne les connait jamais avant notre naissance. Pas facile pour un parent de dire à son enfant qu’il n’a pas été désiré mais maintenant qu’il est là, il ne le regrette pas le moins du monde et il l’aime plus que tout au monde.

Je ne sais pas où on va avec ça mais pourquoi pas. Je vous fais confiance.

Pourrais-tu alors imaginer que si tu traverses cette souffrance maintenant, non seulement elle ne va pas durer éternellement, mais cette expérience pourra te faire « grandir », t’aider à mieux comprendre qui tu es et ce que tu vaux/veux vraiment. Un peu comme s’il fallait que tu passes par là pour transformer cette souffrance en quelque chose qui te sera utile plus tard.

Tu vas croiser des personnes au hasard de la vie, ta vie, et ce sont avec ces personnes (qui auront sans doute expérimenté la/les mêmes souffrances que toi) que tu vas grandir et te sentir proche. Je te demande de prendre conscience que tu es en mesure de transformer cette épreuve en opportunité, si tant est que tu le veuilles. C’est possible en tout cas.

En fait, ce que j’essaye de te faire comprendre c’est que tu es ton propre « boulet » si tu considères cette souffrance comme un handicap et que tu l’alimentes avec des suppositions sans pouvoir en avoir le cœur net.

A l’inverse, si tu pouvais considérer cette souffrance que tu ressens comme un passage obligé avant d’entamer un processus de changement positif pour ta vie future, là tu seras sur la voie de la « guérison ». Il ne tient qu’à toi de procéder à cette transformation.

Le seul moyen de t’en sortir est d’arrêter de donner le pouvoir de tes ressentis, de tes émotions aux autres.

Au cours des différentes constellations familiales auxquelles j’ai pu assister et que j’ai pu organiser, contre toute attente, l’ainé de la famille, et les enfants impairs étaient très souvent les préférés de leur papa, et les enfants pairs de leur maman, indifféremment de leur sexe.

Si ce n’est pas le cas dans votre famille, ou que cette constatation ne s’avère pas exacte, il y a la possibilité d’un enfant perdu. C’est une autre histoire.

3 – Enfin troisième et dernier point, le passé, laisse-le au passé. Tu ne peux pas le changer.

Le futur, tu ne sais pas comment il va tourner. Alors tant qu’à faire, imagine-le dans sa meilleure version pour toi. Rien ne se passe jamais exactement comme on s’y attend. Pas la peine d’anticiper des scenarii « catastrophe ». Tu auras tout le loisir de rebondir le moment venu.

Enfin, si tu peux, efforce-toi de profiter de chaque moment présent. Fais-toi ce cadeau.

Efforce-toi de ne faire que des choses qui te tiennent à cœur, sans laisser les autres décider à ta place de ce qui est bon pour toi.

 

Bopha Moon’Monea
Adopte-toi, avec Joie et Bienveillance
Pour une vie pleine de sens et d’harmonie

Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à m’en faire part dans le formulaire.
Et si vous avez envie ou besoin d’aide, sentez-vous libre de vous inscrire à une pré-consultation gratuite, sans engagement de votre part.

 

 

 

A propos de Bopha

    Recommandé pour vous

    1 Comment

    1. Agnès Pouech-Lavigne

      9 octobre 2016 at 11 h 11 min

      Eh bien ! Cette jeune fille a bien de la chance d’avoir eu affaire avec toi ! Merci pour elle et MERCI Bopha d’être qui tu es !

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *